Glassdoor : 43 % d'avis positifs sur l'IA au travail, contre 81 % en 2019
IA & Productivité - Les salariés parlent d'IA 3 fois plus qu'il y a un an. Et de plus en plus mal. Les chiffres de Glassdoor, et ce qu'ils disent de la façon dont on déploie l'IA en entreprise.

2019 : 81 % des avis Glassdoor qui mentionnent l'IA sont positifs.
2026 : 43 %.
Le chiffre est relayé par Superception du 3 octobre, la newsletter de Christophe Lachnitt. Il vient de l'analyse annuelle de Glassdoor sur ce que les salariés écrivent de leur employeur.
L'IA n'a jamais été aussi présente au travail. Elle n'a jamais été aussi mal vue.
Les chiffres
D'après Forbes et HR Executive, qui reprennent l'étude :
- 53 % des avis mentionnant l'IA sont négatifs ;
- 43 % sont positifs ;
- un an plus tôt, c'était l'inverse : 55 % positifs, 41 % négatifs ;
- les mentions de l'IA ont bondi de 240 % en un an ;
- l'IA est désormais plus citée que l'inflation. Et que le burn-out.
Le basculement s'est fait en 12 mois.
Pourquoi ça coince
L'outil n'est pas en cause. La façon de l'imposer, si.
HR Executive pointe une contradiction : des dirigeants qui exigent l'usage de l'IA, et qui citent l'IA pour justifier des licenciements ou des gels d'embauche. En même temps.
Message reçu par les équipes : « Utilise l'outil qui va te remplacer. »
Difficile d'être enthousiaste.
Les 3 erreurs classiques
L'injonction sans formation. « Vous avez tous une licence, utilisez-la. » Et rien d'autre. Résultat : 3 essais ratés, puis abandon.
La promesse floue. « L'IA va vous faire gagner du temps. » Combien ? Sur quoi ? Pour faire quoi de ce temps ? Sans réponse, le salarié imagine le pire.
Le gain confisqué. Tu gagnes 2 heures par semaine grâce à l'IA. On te rajoute 2 heures de travail. Tu as compris la leçon.
Ce qui marche, sur le terrain
En formation, on voit la différence en une journée. Le rejet tombe quand 3 conditions sont réunies.
1. Partir des tâches réelles
Pas de démo générique. On prend les tâches pénibles de la personne : le compte rendu du lundi, la relance client, le tableau mensuel. On les fait avec l'IA. Devant elle.
Le déclic ne vient pas d'un discours. Il vient d'une corvée qui disparaît.
2. Montrer les limites
Un formateur qui dit « l'IA fait tout » perd la salle. Un formateur qui montre où l'IA se trompe gagne la confiance.
Hallucinations, sources inventées, ton à côté de la plaque : on les montre. On apprend à les repérer. L'humain reste le juge.
3. Rendre l'outil personnel
Un outil générique reste étranger. Un outil qui connaît ton métier devient le tien.
Pour un usage quotidien, on conseille d'activer la mémoire de ChatGPT. Il retient ton poste, tes clients types, ton ton, tes formats préférés. Au bout de 2 semaines, il te répond comme un collègue qui te connaît. Pas comme un inconnu.
Vérifie simplement ce que tu y mets : rien de confidentiel sans l'accord de ton entreprise.
Pour les managers : 4 questions à se poser
- Mes équipes savent-elles pourquoi on déploie l'IA ?
- Ont-elles eu une vraie formation, sur leurs propres tâches ?
- Le temps gagné leur revient-il, au moins en partie ?
- Ai-je un discours clair sur l'emploi, ou un silence qui laisse imaginer le pire ?
Si la réponse est non à 2 questions sur 4, le chiffre de Glassdoor te concerne.
L'IA ne se décrète pas
Une licence ne crée pas un usage. Un usage ne crée pas une adhésion.
Les entreprises qui réussissent l'adoption ne sont pas celles qui ont acheté le plus d'outils. Ce sont celles qui ont pris le temps d'expliquer, de former, de partager les gains.
Le 3 octobre, la même newsletter Superception rappelait que ChatGPT revendique 1,2 milliard d'utilisateurs par semaine. L'IA est partout. La confiance, elle, se gagne équipe par équipe.
Un exercice pour ta prochaine réunion d'équipe
Pose une seule question à chacun : « Quelle tâche de ta semaine aimerais-tu ne plus jamais faire ? »
Note les réponses. Tu obtiens une liste de 5 à 10 corvées concrètes. Compte rendu, saisie, relance, mise en forme, recherche d'information.
Choisis-en 2. Teste-les avec l'IA, ensemble, pendant 30 minutes.
Tu viens de faire en une réunion ce que des mois d'injonctions n'ont pas fait : partir du besoin réel des gens. Le débat change de nature. On ne parle plus de remplacement. On parle de soulagement.
Ce qu'on retient
- 43 % d'avis positifs sur l'IA au travail en 2026, contre 81 % en 2019.
- Mentions de l'IA en hausse de 240 % en un an.
- Le rejet vient de la méthode de déploiement, pas de l'outil.
- Ce qui marche : tâches réelles, limites assumées, mémoire activée pour personnaliser.
On ne forme pas les gens à l'IA. On les forme à reprendre la main dessus.